Il y a des adresses que l’on ne visite pas, on les vit ! Des lieux qui existent dans la mémoire collective bien avant qu’on y ait posé le pied, et qui, une fois franchis, continuent à résonner longtemps après. Le Negresco est de ceux-là. Posté au numéro 37 de la Promenade des Anglais depuis plus d’un siècle, il regarde la Méditerranée avec une constance presque hautaine et pourtant jamais froide. Le Negresco est l’un de ces rares endroits qui ont réussi à traverser le temps non pas en se préservant de lui, mais en l’absorbant. Vous voulez mieux découvrir cet endroit ? Allons-y !

 

1913 : là où tout a commencé !

Tout commence avec un homme et une obsession. Henri Negresco, né à Bucarest, a fait de l’hospitalité son territoire de conquête. Directeur du Casino Municipal de Nice au tournant du XXe siècle, il imagine un établissement qui serait à lui seul un manifeste, une déclaration d’architecture et d’ambition sur l’une des côtes les plus convoitées d’Europe.

Il confie la conception à Édouard-Jean Niermans, l’architecte qui a signé le Moulin-Rouge, l’Élysée-Montmartre et quelques-uns des grands hôtels de villégiature de la Belle Époque. Niermans dessine une façade dans le style Beaux-Arts, ce vocabulaire architectural qui mêle la rigueur néo-classique des colonnes et des triglyphes à la fantaisie rococo des médaillons, des œils-de-bœuf et des guirlandes sculptées. Le résultat est une silhouette qui s’impose immédiatement dans le paysage niçois : blanche et rose, coiffée de son dôme caractéristique, elle ne ressemble à rien de ce qui existe alors sur la Riviera.

Ensuite, l’hôtel ouvre ses portes le 1er janvier 1913. Ce qui capte l’attention dès l’inauguration, c’est moins le faste attendu qu’une forme d’intelligence de l’espace : la lumière traverse les verrières, les proportions des salons invitent au mouvement autant qu’à la contemplation, et la modernité technique (l’ascenseur, notamment, rare à l’époque) ne s’impose jamais au détriment du décor. Ainsi, il s’agit d’un bâtiment pensé pour être habité, pas seulement admiré.

Classé Monument Historique, le Negresco est l’hôtel historique à Nice par excellence : un édifice préservé, dont l’architecture encore vivante continue d’accueillir, de vibrer, et d’interpeller.

 

Suite Marie Antoinette de l'hôtel historique Negresco à Nice

 

Pour les amateurs d’arts, une collection qui raconte la France à travers les siècles

C’est Jeanne Augier qui transforme définitivement Le Negresco en quelque chose de difficile à nommer. Arrivée dans les années 1950 avec son père et son mari, elle hérite d’un hôtel affaibli par les décennies et les guerres. Elle aurait pu le vendre, le rénover sobrement, le livrer à l’uniformité d’une gestion internationale. Elle a fait tout le contraire.

Pendant plus de soixante ans, elle sillonne les ventes aux enchères, les galeries, les ateliers d’artistes. Elle constitue ce qui deviendra la Collection Jeanne Augier un ensemble de près de six mille œuvres et objets qui traversent cinq siècles de création française. Peintures d’apparat du Grand Siècle, sculptures contemporaines, tapisseries flamandes, mobilier d’époque, photographies d’artiste : la collection n’obéit à aucune logique muséale classique. Elle suit une vision.

Parmi les pièces les plus saisissantes : au Salon Royal, suspendu au centre de la verrière, un lustre Baccarat de 4,60 mètres de hauteur composé de 16 800 cristaux. Il avait été commandé en double exemplaire par le Tsar Nicolas II pour le Kremlin. La Révolution russe empêcha la livraison de l’un des deux. C’est lui qui se trouve ici, à Nice, baignant d’une lumière fractionnée les visiteurs qui lèvent la tête.

 

Et ce n’est pas tout !

Au bar Le Versailles, reconstitution d’un salon du XVIIe siècle aux lambris dorés et au plafond à caissons, on retrouve un portrait de Louis XIV en costume de sacre signé Hyacinthe Rigaud. L’une des trois versions officielles connues de ce tableau, dont les deux autres sont conservées au Louvre et à Versailles. Sur la terrasse, une sculpture colorée de Niki de Saint Phalle marque l’entrée de son énergie vitale et politique. Dans les couloirs, les motifs géométriques de la moquette dessinée en 1974 par Yvaral fils de Vasarely, fondateur du G.R.A.V. guident les pas tout en troublant le regard.

Ce que Jeanne Augier a compris, c’est que l’art dans un hôtel ne doit pas être décoratif. Il doit être présent. Il doit exiger quelque chose du visiteur: un regard, un arrêt, une pensée. On ne peut pas voir Le Negresco comme un musée où l’on déambule en silence. Il s’agit plutôt d’un lieu où l’on vit, et où l’art traverse cette vie à chaque instant.

 

Salon Royal Hôtel Le Negresco

 

Des espaces pour chaque heure du jour

Séjourner au Negresco, c’est habiter une géographie de sensations qui se renouvelle au fil des heures. Le soir venu, Le Chantecler s’impose comme la grande table gastronomique de la maison. Dans un écrin de boiseries du XVIIIe siècle où le portrait de Marie Leszczynska par Nattier et celui de Louis XV par La Tour dialoguent silencieusement avec les convives, la cheffe Virginie Basselot Meilleur Ouvrier de France, étoilée au Guide Michelin, compose une cuisine qui parle la Méditerranée avec une précision et une sincérité rares.

Les légumes des collines niçoises, les poissons de la côte, le vin de Bellet cultivé à quelques kilomètres : chaque assiette est un ancrage dans le territoire, élevé par une technique irréprochable et une liberté de ton qui n’appartient qu’à elle.

En journée, Le 1913 offre un cadre plus intimiste. Ses boiseries et son atmosphère ambrée en font un refuge au tempérament British, qui s’anime le soir au rythme du jazz, du pop et du soul. C’est l’endroit idéal pour une pause entre deux promenades, une conversation qui se prolonge, un cocktail qui prend son temps.

 

Mais aussi,

Le Versailles, lui, bénéficie d’une terrasse ouverte sur la Promenade des Anglais. Sous ses lustres, dans la lumière changeante de la journée, il accueille aussi bien le flûte de champagne que le moment de convivialité entre amis. Un espace qui appartient à la fois à l’histoire de l’hôtel et à l’instant présent.

De mai à septembre, N La Plage prolonge l’expérience vers la mer. En face, la Méditerranée. Dans l’assiette, une cuisine solaire où les produits niçois s’expriment avec une simplicité assumée, celle des terrasses baignées de sel et de lumière.

 

SUITE Jeanne et Paul Penthouse Suite Le Negresco

 

Les Suites Signatures : habiter un portrait

Parmi les chambres et suites qui constituent l’hébergement du Negresco, les Suites Signatures méritent une attention particulière. Ce sont des univers en soi, des espaces qui n’ont pas été décorés mais pensés, construits autour d’une figure, d’une époque, d’une sensibilité.

La Pompadour convoque l’esthétique Rococo que la favorite de Louis XV contribua à mettre à la mode. Marqueterie précieuse, bronze ciselé, bois finement doré. On n’y entre pas pour dormir, on y entre pour comprendre quelque chose du raffinement du XVIIIe siècle français.

La Marie-Antoinette rend hommage à une figure dont le goût influença profondément les arts décoratifs de son temps. L’espace joue sur l’équilibre entre légèreté et faste, entre délicatesse et majesté.

La Montserrat Caballé l’une des plus attachantes de l’ensemble témoigne du lien profond entre Le Negresco et le monde des arts vivants. La cantatrice barcelonaise fit partie de ces figures qui hantèrent l’hôtel de leur présence, et cette suite lui rend un hommage à la hauteur d’une voix hors du commun.

Enfin, La Parisienne, capte quelque chose de l’esprit français dans ce qu’il a de plus élégant et de plus libre un équilibre entre sophistication et légèreté qui est, au fond, la marque même du lieu. Mais il y en a bien plus à découvrir.

 

Un engagement qui dépasse l’hospitalité

Ce qui distingue profondément Le Negresco dans le paysage hôtelier contemporain, c’est la cohérence de ses valeurs dans la durée. L’établissement est aujourd’hui labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant distinction qui récompense les savoir-faire artisanaux d’excellence   et s’entoure d’artisans, de maîtres d’art, de restaurateurs d’œuvres qui œuvrent chaque jour à la préservation d’un héritage.

Le Fonds de Dotation Mesnage-Augier-Negresco, héritage direct de la vision de Jeanne Augier, prolonge cet engagement au-delà des murs de l’hôtel : soutien à la culture, à la solidarité, à l’inclusion, à la protection animale. Le Negresco n’est pas indépendant par hasard, il l’est par conviction depuis toujours.

 

Junior suite La Vénitienne Le Negresco

 

Que gagnerez-vous à venir au Negresco ?

On peut venir au Negresco pour une nuit, pour un dîner, ou on peut y entrer simplement pour contempler le lustre du Salon Royal ou mesurer la majesté tranquille du portrait de Louis XIV au Versailles. Ce qui frappe, invariablement, c’est que le lieu ne cherche pas à impressionner. Il existe. Il accueille. Il persiste dans sa singularité avec une forme de confiance rare.

Une confiance que donne un siècle d’existence, une collection d’exception et un ancrage profond dans l’identité de Nice et de sa Riviera. Certains hôtels offrent un séjour. Le Negresco propose quelque chose d’un peu différent : la possibilité, le temps d’une escale, d’habiter l’histoire.

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